5 conseils pratiques pour vivre une retraite bénéfique.

Retraite - copie

 

Chers lecteurs et lectrices,

Pour mon troisième et dernier article, j’ai décidé avec grand plaisir de prendre un autre sujet qui peut (encore) paraître illuminé pour certains d’entre vous : la retraite. Pas la retraite avec d’la Coors Light, des seins de monsieur reposant sur des grosses bedaine rouge homard, des barbecues à 500 000 BTU, un « winnebago » et de l’arrosage d’asphalte au mois de juillet. Non et non ! Je parle bien de la retraite qu’on fait pour se retirer, le temps d’un moment, du rythme parfois fou de la vie qu’on a choisi.

On a souvent associé la retraite, qu’elle soit silencieuse ou non, à un aspect religieux. Le ¾ du temps, quand je dis le mot « retraite silencieuse » aux gens, ils ont tout de suite l’image d’une bande de moines habillés en toges brunes faisant du fromage avec leurs pieds dans un monastère cloîtré et qui t’offrent « un gros coup de palette » si tu as le malheur de parler, les deux pieds frétillants dans les grumeaux laiteux.

S’il vous plaît, faites-vous plaisir et délaissez cette image douteuse…

 

Les voici, les voilà : 5 conseils pratiques pour vivre une retraite bénéfique.
Choisissez le bon moment et respectez-le

 

Une retraite, si vous me permettez l’expression, c’est «des vacances pour l’âme ». Il est important de choisir le bon timing pour le faire.

« Mais Steve, quel est le bon moment ? », me dites-vous.

Quand on est « à terre », quand on est trop stressé, quand on a le sentiment de perdre le contrôle, quand on a besoin de temps pour soi, quand on se sent perdu, quand on a besoin de réaliser un nouveau défi, quand on veut voir autre chose, quand on veut apprendre à se connaître davantage, quand on veut prendre de la distance du travail, de la famille, de la routine… Vous voyez le genre ?

Plusieurs personnes se demandent aussi pendant combien de temps il est nécessaire de partir afin d’en retirer le maximum de bénéfices. Encore là, il n’y a pas de recette miracle, mais pour ma part, cela m’a pris un bon trois jours afin de pouvoir décrocher. Chaque personne a des besoins différents, il s’agit simplement de s’écouter et de se respecter.

Sachez qu’il n’y a pas de meilleur moment pour partir que celui où on se dit : « J’en ai besoin et je le fais maintenant, pour moi ». Vous le méritez !
Loin des yeux, loin du coeur

 

Tant qu’à donner des vacances à votre joli cerveau, pourquoi ne pas choisir un lieu éloigné où vous n’êtes jamais allé ? Le Québec regorge d’endroits qui peuvent vous permettre de vivre ce retirement à votre façon et dans le respect de votre unicité. La plupart sont en nature dans des sites extraordinaires qui vous permettront un dépaysement total. Cela vous permettra aussi de découvrir les trésors cachés de notre belle province et surtout d’éviter de vous remémorer tout ce qui vous tracasse. Alors adieu cellulaire, bluetooth, laptop et bonjour la nature dans toute sa splendeur !

Personnellement, j’ai adoré l’Ermitage de Warden, en Estrie, à quelques minutes de Waterloo. D’ailleurs, la photo en haut de l’article a été prise sur ce site entretenu par deux personnes en or que j’aime et admire énormément. En échange d’une contribution plus que respectable, on y est logé (et nourri !) dans de charmantes petites cabanes individuelles dans un boisé enchanteur. J’y ai aperçu une grande variété d’oiseaux, des chevreuils (à quelques mètres de moi seulement), des écureuils et j’y ai même entendu des loups hurler à la lune en pleine nuit. J’y suis allé deux fois, et à chaque fois, ce fut une expérience unique.

Bref, retroussez votre courage, prenez vos manches à deux mains et fouillez sur internet pour trouver l’endroit rêvé. Vous verrez, ça se fait généralement en toute simplicité !

 

 

Seul au monde… et en silence ?

 

Certaines personnes ont peur de vivre une telle expérience en solitaire. C’est très compréhensible, car le besoin d’être constamment entourés ou d’avoir quelque chose à dire ou à faire peut se manifester dans plusieurs aspects de notre vie. D’ailleurs, vous êtes vous déjà demandé qu’est-ce qui vous fait peur dans tout ça ?

Je peux vous l’assurer, la solitude, c’est vachement bénéfique. Être seul en retraite, ça veut dire être indépendant, penser, agir et être selon ce que l’on est vraiment sans influence extérieure. La solitude permet de faire taire tout le bavardage inutile dans notre tête pour laisser place à ce qui est vrai et authentique en soi. Être seul, ça veut dire qu’on peut prendre le temps pour profiter de tout ce dont on a envie car personne ne peut nous contraindre dans nos choix. On appelle ça de l’égoïsme sain.

Et le silence dans tout ça ?

Cela dépend toujours de vous et des raisons qui vous poussent à faire une retraite. Je ne suis pas ici pour vous dire ce qui est le mieux pour vous, mais je peux vous partager comment je l’ai fait et ce que cela m’a apporté.

Pour ma part, j’ai adoré l’expérience du silence total. Le silence total, pour moi, signifiait aucune lecture, aucune écoute de musique et surtout pas de dialogues avec les autres personnes présentes sur les lieux. « Ouate de phoque ?! », me direz-vous.
Dans la vie de tous les jours, très (trop) nombreuses sont les occasions de parler, échanger et s’entourer de bruit intérieur comme extérieur. Étrangement, pour quelqu’un qui a la réputation d’être une « p’tite bête sociable à la parole facile », ce fut plutôt simple de me taire. Au départ, je ne vous cacherai pas que j’ai ressenti un petit « malaise » de rester en silence lorsque je croisais une personne qui me lançait un « bonjour » sympathique ; ça allait contre ma nature. Mais au bout de quelques temps, j’ai appris à y faire face et même… à y prendre goût ! De rester en silence m’a permis de mettre en perspective mes conditionnements mentaux et sociaux, mes agissement et même certaines de mes valeurs. Comme quoi ne « rien faire » m’a permis d’en apprendre beaucoup plus sur moi qu’en « travaillant activement » sur moi-même. Eh !
Bref, que vous choisissiez le silence total, partiel ou même pas de silence du tout, l’important est que vous gardiez en tête que vous êtes là pour vous faire plaisir.

 

 

« Travailler, c’est trop dur, pis s’calmer c’est très beau »

 

Bon ! Vous avez décidé de prendre quelques temps pour vivre votre retraite. Rendu à l’endroit qu’on a choisi, que fait-on?

 

Rien.

 

Il n’y a rien à faire. Nichts. Nada. Ничего. ไม่มีอะไร.

 

Cela pourra peut-être vous surprendre, mais vous n’êtes pas en retraite pour « faire » quelque chose, avoir un horaire strict et organisé. Vous êtes ici pour briser la routine, pour casser vos habitudes, pour vous laisser bercer par le calme qui vous entoure et pour apprécier chaque moment, petit ou grand.

Avez-vous déjà gravi une montagne et pris le temps de contempler le paysage pendant quelques minutes avant de redescendre ? Avez-vous déjà pris le temps d’observer les moindres détails d’une chenille multicolore rampant sur un morceau de bois mort ? Vous êtes-vous déjà assis sur un rocher au beau milieu d’une rivière en vous laissant bercer par le son du torrent ? Qu’avez-vous ressenti ?

 

Vivre une retraite vous permet de prendre le temps de vivre chaque situation qui se présente à vous, peu importe sa nature, et de vous remplir de sentiments nouveaux à chaque instant. Vous aurez l’opportunité d’errer où ça vous chante, de manger et dormir quand cela vous tente, de bouger de la façon qui vous plaît. Des sentiments négatifs remontent en vous ? Vivez-les ! Vous avez le goût de pleurer ? Versez toutes les larmes qu’il faut. Vous voulez rire, chanter, crier ? Personne ne peut vous en empêcher ! Vous êtes là non pas pour « faire », mais bien pour « être » ce que vous êtes réellement.

 

Le retour au bercail

 

Vous avez vécu votre première retraite en solitaire ? Félicitations ! Il ne reste plus qu’à plier bagage et à revenir tranquillement vers la maison pour retourner dès le lendemain au travail et reprendre le rythme fou qu’on a laissé quelques jours ou semaines auparavant…

Ouache…

Un sentiment de dégoût fait aussitôt surface. Les regrets aussi. Soudainement, on ne veut plus repartir. On voudrait retourner illico vers l’endroit dont nous nous éloignons peu à peu. L’angoisse refait surface. Les tracas. Les problèmes. Les conflits, Les factures à payer. Et la tornade infernale repart de plus belle.

Ça, c’était moi à ma première retraite. J’avais pris mes vacances dans un horaire tellement serré que j’avais omis de me laisser le temps de revenir !

 

Une fois revenu à la maison, tout ce qui me paraissait banal au day-to-day devenait instantanément agressant. Le téléphone qui sonne, le son des voitures sur l’autoroute Duplessis, les courriels incessants, les responsabilités, faire la vaisselle (oui, la @#$% ? de vaisselle). Même ma compagne que j’aime tant me tapait sur les nerfs (je m’excuse, mon p’tit Sushi, la boîte de chocolats est sur ton bureau). J’étais un enfant prématuré qui tirait sur son cordon pour retourner dans le confort de l’utérus maternel. Littéralement !

 

En retour de retraite, prenez quelques jours de transition pour vous donner le temps de vous réadapter à votre réalité, SURTOUT si vous avez été en silence pendant longtemps. Reprenez contact avec le bruit ambiant, prenez peu de responsabilités et allez-y à votre rythme à vous. Et tranquillement, vous reviendrez à votre rythme d’antan, mais avec un petit quelque chose de plus en vous…

 

Sur ce, merci de m’avoir lu, et à la prochaine fois !

 

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Steve Auclair

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